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Voies de fait et alerte à la bombe à une école



Jean a commencé à avoir affaire avec le système de justice criminelle lorsqu’il a pris la voiture de ses parents sans leur consentement. Plus tard le même mois, il a déclenché une alerte à la bombe à son école et a été accusé d’avoir transmis un message erroné. Ensuite, il a été accusé de voies de fait à l’égard de son père. Jean n’avait aucun antécédent criminel avant de commettre ces infractions.

Nous avons été saisis du cas au moment du prononcé de la sentence de Jean, si bien que tous les travaux que le PJC a effectués relativement à ce cas l’ont été une fois la sentence arrêtée. Même si Jean avait déjà été condamné à une période de probation, il a quand même choisi de travailler avec un agent de cas pour résoudre la question de l’alerte à la bombe à son école.

Jean a alors quitté le domicile de ses parents pour aller vivre chez une tante qui le comprenait mieux. Cela s’est avéré une très bonne chose, car il a pu ainsi jouir de plus de stabilité, d’encadrement et de beaucoup d’affection. Chez lui, les dépendances et la violence étaient chose courante.

Avoir avoir rencontré Jean et sa tante plusieurs fois, l’agent chargé du cas s’est rendu compte que Jean regrettait ses actions et en acceptait la responsabilité. En réfléchissant aux circonstances qui l’avaient mené à enfreindre la loi, Jean a dit à l’agent du cas : « Je pensais que la vie ne pouvait pas devenir pire et que, plutôt, elle pourrait s’améliorer si je faisais quelque chose.

L’agent a communiqué avec le directeur de l’école, qui a demandé à Jean de rédiger une lettre d’excuse. Jean a écrit cette lettre du fond de son cœur pour expliquer comment les circonstances difficiles qu’il vivait à la maison l’avaient, jusqu’à un certain point,  poussé au désespoir. Jean a accepté la pleine responsabilité de ses actes et s’est aussi mis dans la position du directeur qui, ce jour-là, a dû prendre une décision difficile. Il a également reconnu qu’il avait effrayé beaucoup de gens, notamment la secrétaire qui avait reçu son message.

Le directeur semblait heureux que Jean soit maintenant dans un domicile plus stable et espérait qu’il tirerait des leçons de cet incident. La secrétaire avait plusieurs questions concernant ce jeune homme et ce qui l’avait incité à commettre ce crime. La lettre de Jean a répondu à la majorité de ces questions, et la secrétaire a été visiblement touchée par son histoire. Elle a été également très surprise par le niveau de clarté avec lequel il percevait sa situation. À ce stade-là, le directeur et la secrétaire étaient satisfaits du déroulement de la situation et avaient souhaité bonne chance à Jean. Cependant, la secrétaire a continué à penser à Jean et a decidé de le rencontrer. Jean était très nerveux mais il a accepté.

La médiation entre la secrétaire, Jean et sa tante a consisté en une séance informelle où ont été discuté les événements qui avaient poussé Jean à commettre de tels actes et de ce qu’il avait éprouvé par la suite. Jean s’est excusé. La secrétaire voulait surtout lui faire savoir que, même s’il avait fait quelque chose de mal, ce n’était pas une mauvaise personne. Elle lui a ensuite souhaité bon succès dans son avenir. Tous les participants ont estimé que cette séance de médiation avait été utile.

Le fait de décrire les expériences de plusieurs personnes concernant le crime et la justice permet d’élargir la perspective et à chaque personne de mieux comprendre ce qu’elle ne comprenait au départ. En connaissant mieux les situations et les gens liés aux crimes, on ouvre des pistes vers des solutions.